Cette année fera exactement 10 ans que j’ai commencé à écrire mes propres chansons et à réaliser des petites maquettes amateurs que je faisais passer à ma famille et mes amis.

Aujourd’hui pour la première fois, après avoir souvent essayé, j’ai enfin trouvé mon son en français. J’ai mis du temps à apprivoiser la musicalité de cette langue, qui est pourtant ma langue maternelle.

Je peux enfin proposer un projet francophone, dont je suis fier à 100%. Cet album VISION représente 2 années de travail. Le parti-pris cette fois est plus urbain que la dernière fois. Je me suis vraiment fait plaisir cette fois et j’ai dis tout plein de chose que je voulais dire depuis longtemps mais que j’avais peur d’exprimer, de mal exprimer.

« VISION » parce que cet album s’articule autour la vision que j’ai du monde dans lequel on vit. Mon regard sur la vie, sur des évènements, des situations. C’est un album où je ne parle pas beaucoup de moi, et où je porte un intérêt particulier à ce qui m’entoure, ce que je vois, ce que je remarque, et ce qui m’anime. Le self-esteem sur « Limiè », l’amour sur « Pointe Faula », la discrimination sur « Nègre de maison », le sexisme sur « BITCH », le cyber harcèlement sur « La même chose », le remord et le deuil sur « Loca Loca » ou encore le colonialisme sur « Je veux R ».

TRACK 1 // PRINTEMPS

Printemps est la piste d’ouverture de l’album car il est dans la continuité du thème de l’album précédent « The Wave », à savoir le fait de ne pas abandonner, de ne pas se laisser définir par les échecs, de se relever après les défaites et de repartir au front. C’est un morceau que j’aime beaucoup et que j’ai trouvé idéal pour faire la transition entre les deux projets. Le flow sur les couplets est très staccato, très saccadé, je voulais donner cette impression de respiration difficile, à la limite de la suffocation et les refrains, eux, qui ramènent l’équilibre et la sécurité, avec une approche moins agressive et plus mélodieuse.

TRACK 2 // JE N’AVAIS QUE LE SOLEIL

Je n’avais que le soleil repose sur une expression créole que je répète sur les refrains et pré-refrains « Le chien ne veut pas de la banane, mais il ne veut pas que la poule la prenne ». C’est l’histoire d’un amour terminé, d’un amour regretté. Quand on ne se sent plus bien dans une relation, on a tendance à trouver tous les défauts de l’autre, comme pour se donner des raisons valables pour partir mais on oublie de mettre dans la balance toutes les choses qui nous font rester, les choses qui nous ont fait venir et qu’on ne trouvera peut-être jamais ailleurs.

TRACK 3 // JE VEUX R

C’est l’un des premiers titres que j’ai enregistré pour l’album et il fait partie de ceux qui ont donné sa direction au projet. C’est une chanson qui parle du colonialisme. J’ai grandi en Martinique, île qui me rend fier mais qui traîne un poids historique étouffant. Encore à ce jour, les échos du colonialisme et de l’esclavage sont encore perceptibles sur l’île. Cette chanson et ce visuel c’était ma façon à moi de donner mon avis, moi qui me suis si longtemps retenu de participer à la conversation. La musique a été la solution la plus logique et ce 22 mai, date symbolique de l’abolition de l’esclavage en Martinique, était la date idéale pour la dévoiler.

TRACK 4 // POINTE FAULA

Le seul morceau de l’album qui parle directement de mon histoire personnelle. C’est un titre simple et léger où je chante l’amour pur, tout simplement.

TRACK 5 // BITCH

Plus je grandis et plus j’ai du mal à accepter les inégalités. L’une des inégalités qui me sidère le plus est celle entre les femmes et les hommes. La femme est facilement catégorisée, en fonction de comment elle choisit de s’habiller, de se comporter, de comment elle revendique et exprime sa sexualité, de ce qu’elle dit, comment elle le dit, à qui elle dit, de ce qu’elle accepte, qu’elle n’accepte pas etc… Le morceau remet les pendules à l’heure, encore faut-il qu’elles aient été une fois mises à l’heure.

TRACK 6 // LIMIE

Ballade acoustique. C’est mon coup de cœur de l’album. C’est un morceau rempli de doutes, d’interrogations. Pas facile de trouver sa place, de s’estimer et de s’aimer soi-même. Je chante le besoin d’amour, le fait que l’on cherche l’amour partout, ailleurs, alors qu’on devrait commencer par le trouver chez soi, en s’estimant, en s’acceptant et en s’aimant, soi-même. J’ai commencé à écrire le premier couplet en français que je suis allé poser devant le micro et au moment du refrain les paroles en créole sont venues naturellement, la grande majorité de cette chanson n’a donc pas été écrite mais chantée directement lors de l’enregistrement, je trouve ça plutôt chouette.

TRACK 7 // LOCA LOCA

C’est un peu la même thématique que Je n’avais que le soleil, mais dans l’autre sens. Sur ce morceau, un peu plus mélancolique, plus grave et plus nonchalant j’évoque également le deuil entre les lignes. Un amour regretté, une disparition qui laisse des remords, des regrets.

TRACK 8 // NEGRE DE MAISON

Morceau écrit à la suite de la polémique l’an dernier entre Zemmour et Hapsatou Sy. Des propos qui ne m’avaient pas vraiment surpris, car déjà entendus. Ce qui me dépasse surtout c’est la capacité de certains à oublier que l’immigration et les migrations font partie des socles du monde tel qu’on le connaît actuellement. Je fais partie de ceux qui croient aux mélanges et à la communication des cultures, des races, mais je crois aussi qu’on s’y est très mal pris.

TRACK 9 // F-CK LE SYSTEM

C’est le morceau qui a relancé la machine. J’ai commencé à écrire cet album en 2017 et puis en 2018 je n’ai pas du tout été productif, j’étais un peu en panne d’inspiration / panne créative quand j’ai entendu l’instru et tout de suite la machine a fonctionné de nouveau, j’ai eu la topline « fuck le system, viens on fuck le system… » qui est venue et s’est posée très logiquement. Tout s’est fait très naturellement ensuite. J’avais en tête ce concept de bug « informatique », avec en fait cette conversation entre un homme et son « moi intérieur » – Comme pour essayer de fixer ce qui a fait cracher son system : le manque d’amour propre, le mal-être, la dévalorisation de soi etc etc.. c’est la première lecture. La seconde lecture est plus littérale, « fuck le system » est employé comme une sonnette d’alarme qui nous invite à nous défaire de l’emprise néfaste du système, de la société.

TRACK 10 // LA MÊME CHOSE

Je voulais aborder l’harcèlement et le cyber harcèlement avec une approche plus subtile. Sur ce morceau, je m’intéresse à la « deuxième victime ». Souvent dans les cas de harcèlement, le harcelé est désigné victime, mais pour moi le harceleur est également une victime. Je ne pense pas que ce besoin de faire du mal aux autres naisse de nulle part. Le harceleur tient son aigreur et son amertume d’un mal être qu’il refoule sur les autres. Et il serait judicieux de penser ses blessures au même titre que les victimes qu’il fait.

TRACK 11 // MARTINIQUAIS

Comme dit plus haut je suis fier de mon île malgré les complexités qui la dessinent. J’ai voulu ce morceau comme un hymne, porté vers l’avenir, plein de d’espoir et de fierté, mais avec une pleine conscience du passé.

En somme, c’est un album avec une ambiance un peu sombre et mélancolique, mais ce n’est pas un album fataliste, ou triste. Au contraire, j’espère que pourrez percevoir les messages optimistes qui se cachent entre les lignes, car malgré tout, la positivité reste soudée à mon ADN.

L’album est disponible sur toutes les plateformes.

Catégories : NEWS

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